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La mémoire du cheval

 
 
 
 
 
 
LA MEMOIRE DU CHEVAL N'EST PAS LA MEMOIRE DE L'HOMME.
 
 
 
 
 
    Haras Maurea
 
Le cheval a une mémoire linéaire. Tout est sur le même plan, l’actuel et l’ancien. Mais il n’oublie rien. La première difficulté est sa peur de l’homme et son caractère propre.   &n bsp;                   
                                                                                           ;                                 ;                                 ;    Nicolas BLONDEAU
 
 
 
La mémoire du cheval
 
Lorsque l’on dit que le cheval a une mémoire linéaire on veut dire p ar là que le cheval ne fait pas la différence entre ce qu’il a vécu hier, ce qu’il vit aujourd’hui, et il n’imagine pas ce qu’il pourrait viv re demain. On dit qu’il vit constamment dans le présent. Il ne fait pas de différence entre hier, aujourd’hui.Pour lui tout se p asse maintenant (c’est le temps) et ici (c’est l’espace).
 C’est donc une différence fondamentale avec l’homme qui lui a l a faculté de dater les événements, de les imaginer à des endroits différents.Autre faculté que seul l’homm e possède, la capacité de se projeter dans l’avenir, de prévoir ce qu’il va faire demain, dans un mois, un an.
 
 Et pourtant le cheval n’oublie rien  ;!
 
 La méthode Blondeau s'appuie sur ces caractéristiques du cheval et son école fait de plus en plus d'adeptes dont Eric BERTHOU. moniteur indépendant formé à l'école BLONDEAU. Pour comprendre tout çà un coup d’œil sur l’évolution du cerveau à travers les espèces nous sera d’un grand secours.
    
 
L’évolution du cerveau au travers des espèces
 
Le cerveau de l’homme est constitué de trois parties superposées et étroitement reliées qui sont successivement :   
 
      Un cerveau primitif, instinctif, celui des reptiles
      Un cerveau plus évolué, de la mémoire, affectif, celui des mammifères
      Un cerveau complexe, associatif, celui des humains
 
Le cerveau primitif , l’hypothalamus, situé au centre du cerveau est la seule partie que possède les reptiles -crocodiles, tortues, serpents- responsable de nos pulsions fondamentales (manger, boire, copuler, se défendre, imiter).Il fonctionne au présent, répond immédiatement aux stimuli extérieurs, sur lesquels il est directement branché de façon privilégiée grâce notamment à l’odorat. Mais il est aussi très sensible aux variations des constantes biologiques intérieures (taux de glucose, urée, hormones dans le sang par exemple) qu’il règle en commandant à toutes les glandes dont l'hypophyse. Il sert à maintenir l'équilibre du milieu intérieur et à réagir aux stimuli extérieurs nécessaires à la survie.
 
Le cerveau de la mémoire, de l'émotion, s’enroule autour du cerveau primitif comme une feuille. C'est l'origine de l'autre nom qu'on lui donne, le cerveau limbique. Il apparaît chez les mammifères. Support de l’affectivité, des émotions il est particulièrement développé chez le Cheval. C’est lui qui donnera au cheval le sens du clan, le poussera aux soins parentaux. Il développe la vocalisation et l’audition.
     Pour avoir des émotions des plaisirs ou des déplaisirs il faut avoir le souvenir des expériences passées donc une mémoire à long terme. Le cheval stocke dans sa mémoire à long terme les événements qu’il a vécu, mais sans pouvoir les dater. Par contre il les stocke avec une teinture émotive très forte, liée au plaisir ou au déplaisir concomitants des événements vécus. Plus ces éléments émotifs sont forts, plus l’événement sera fortement gravé. Le plaisir qu’il aura eu à être monté avec un cavalier sera aussi fortement gravé dans sa mémoire que le désagrément qu'il aura ressenti à cause de la main dure d’un autre cavalier.
     Le cerveau du cheval fonctionne donc sur deux registres. L’un celui des pulsions, l’autre celui des émotions. Il fonctionne aussi sur le mode de la continuité : Il est capable d’associer une récompense ou une punition à un stimulus à la seule condition qu’ils soient immédiatement proches.
 
Le cerveau associatif de l’homme entoure les deux premières parties, le cerveau des instints et le cerveau des émotions . C'est le cortex, mot rappelant cette notion d'écorce, qui entoure.  Les lobes frontaux sont particulièrement développés et sont le siège de l'association, l’abstraction, l’imagination, l’anticipation.Le sens que  privilégient les lobes frontaux est la vue. Cette couche supplémentaire de cerveau nous donne une faculté extraordinaire qui est d’inventer des comportements nouveaux à partir d’expériences anciennes.
 
     Le cerveau de l’homme, contrairement au cerveau des reptiles qui fonctionne sur un seul régistre, celui du cheval qui fonctionne sur deux registres, fonctionne lui sur trois registres. Cela lui donne une très large palette de fonctionnement. Malheureusement l'homme ne maitrise pas toujours le clavier de son superbe instrument ! Les pulsions du cerveau reptilien prennent parfois le dessus. De même les émotions de son cerveau limbique brouillent parfois les capacités régulatrices de son néocortex ! Tout est question d’apprentissage, d'entrainement.
 
   La mémoire du cheval est linéaire dit Nicolas BLONDEAU. Quelle différence y a-t-il avec celle de l’homme ?
 
 
La mémoire de l’homme
 
 
Elle est stratifiée en
Mémoire à court terme, ou mémoire de travail, dont les supports sont les lobes frontaux. C’est celle qui nous permet la concentration, qui nécessite de l’attention pour fonctionner, nous permet de retenir un n° de téléphone le temps de le composer, nous permet le calcul mental. Très performante, elle n’a cependant qu’une capacité très limitée, puisqu’elle ne peut retenir à la fois que 5 éléments pour les moins doués et 9 éléments pour les plus doués ! Elle a résolue le problème d’encombrement en effaçant à fur et à mesure les éléments dont elle n’a pas besoins pour travailler. C’est donc une mémoire de quelques minutes, voire de quelques secondes. Pour durer les informations doivent atteindre la mémoire à long terme.
 
  Mémoire à long terme qui stocke des heures, des mois, des années ou toute une vie les informations qui lui viennent des organes des sens (vue, ouïe, odorat, goût, touché, sensations, mouvements) se divise en
Mémoire inconsciente (implicite) qui concerne surtout les habilités motrices que les cavaliers débutants essaient de graver dans cette partie profonde du cerveau qu’on appelle le striatum. C'est la mémoire procédurale, celle de l'apprentissage des procédures. C’est une mémoire très sensible à la répétition. C’est pour cela qu’on se colle ces séances de tape cul ! " le cheval c’est comme le vélo, une fois appris on n’oublie plus ! ". En effet cette mémoire est persistante. C’est aussi cette mémoire qui est gravée chez le cheval au cours de l’apprentissage de l’équitation. Cette gravure est d’autant plus profonde qu’elle  s’accompagne d’éléments émotionnels, sensitifs, qui eux semblent stockés dans l’hippocampe (limbique).
 
Mémoire consciente, (explicite) qui concerne les souvenirs dont on peut parler. Elle n’existe que chez l’homme. Cette mémoire est sollicitée par les apprentissages conscients. Elle se divise en deux :
La mémoire des épisodes de la vie (épisodique) c’est celle qui nous permet de nous souvenir des dates anniversaires, des endroits où cela s’est passé, des personnes présentes.
La mémoire de la culture générale (sémantique) c’est celle de la culture générale. Elle nous permet de retenir que Istanbul est en Turquie, que cette ville s’appelait Byzance, que le cheval de Prjevalski est le seul cheval sauvage existant, que son cousin sauvage disparu est le Tarpan à l’origine de toutes les races de chevaux domestiques actuels. 
 
Toutes ces mémoires sont sollicitées à la condition qu’il y ait une motivation, dont la base est le plaisir. Sans plaisir il y a peu de motivation, sans motivation il y a peu de mémoire. L’apprentissage est une mémorisation, y aurait  t- il différents types d’apprentissage ?
 
L’apprentissage opérant est différent de l’apprentissage conditionné.
                                                            Nicolas BLONDEAU
     
L’apprentissage conditionné (ou répondant de type I de Pavlov) associe un stimulus neutre au départ pour l’animal (le son d’une cloche) à un stimulus inconditionné (boulette de viande). On fait sonner la cloche et on donne la boulette de viande au chien qui salive. Au bout d’un certain temps le chien salive dès qu’on sonne la cloche sans qu’on lui donne la viande. Le chien n’agit pas, il subit le stimulus. Il y a bien un apprentissage mais robotisé, réflexe.
 
      L’apprentissage dans la méthode BLONDEAU consiste à mettre le cheval en situation de comportement spontané. On renforce alors positivement le comportement lorsque c’est celui que l’on veut obtenir, par la caresse, par la voix grâce à une vocalise rassurante, ou négativement par une vocalise brutale, immédiate. Il n’y a pas de récompense avec friandise, ou punition physique, tout est dans le relationnel.Dans cet apprentissage opérant (de Skinner ou de type II) le cheval fait une action (flexion de l’encolure, entrée dans le van), et reçoit une récompense de la voix (OUI voila) et de la main (caresse), c’est le renforcement positif, ou il reçoit une punition qui est le NON bref et claquant,c’est le renforcement négatif.Ici c’est le cheval qui fait une action spontanément, et on ne fait que renforcer l’action soit positivement soit négativement. Ce type d’apprentissage permet au cheval d’exprimer sa personnalité.
 
 
La première difficulté est sa peur de l’homme
                                                                                Nicolas BLONDEAU
 
L'amygdale (petite glande en forme d’amande) nous permet de réagir presque instantanément à la présence d'un danger. Tellement rapidement que c'est seulement après avoir sursauté que l'on comprend souvent ce qui nous a effrayé. Comment cela est-ce possible ?
Voici ce qui en est dit sur "Les deux routes de la peur" 
       *Le thalamus est la partie centrale du cerveau primitif, reptilien, par ou passsent toutes les informations provenant des sens (vue, ouïe, odorat, goût, touché, sensations, mouvements) un peu comme au travers d'une console de mixage.
                                        
Tout doit bien sûr commencer par une stimulation sensorielle quelconque comme la vue d'une forme étrange ou un son menaçant. Celui-ci fait d'abord escale dans le thalamus, passage obligé de tous les messages captés par les sens. Il est ensuite transmis au cortex sensoriel aproprié (visuel, auditif, etc.) où il est évalué et acquiert une signification. Si cette signification est menaçante, l'amygdale en est alors avisée et produit les réponses émotionnelles appropriées.
Or, ce qu'on a découvert beaucoup plus récemment, c'est qu'une partie du message reçu par le thalamus est transféré directement à l'amygdale, sans même passer par le cortex ! C'est cette seconde route, beaucoup plus courte, donc beaucoup plus rapide, qui explique la rapidité de notre système d'alarme naturel.
Comme tout a un prix, cette route qui court-circuite le cortex ne permet qu'une discrimination grossière des objets menaçants. La confirmation du cortex qu'il s'agit bien d'un danger arrive quelque fraction de seconde plus tard. Des fractions de seconde qui peuvent s'avérer fatidiques si l'on n'a pas déjà commencé à réagir au danger. Dans le cas où le cortex nous annonce qu'il n'y a pas de quoi s'en faire, on en est quitte pour une bonne peur et c'est tout…
 
Les enfants contrôlent moins bien leurs émotions parce que les axones qui transmettent l'information du cortex au système limbique ne sont pas encore pleinement développés. De plus, les neurones du cortex préfrontal où s'établit une bonne part du contrôle rationnel des émotions ne parviennent à maturité qu'au début de l'âge adulte. En contrepartie, l'amygdale est mature dès la naissance et exerce donc un pouvoir prédominant chez l'enfant.
Les émotions sont bien davantage des choses qui nous arrivent que des choses que nous décidons de déclencher. Ce peu de contrôle direct sur nos émotions s'explique en grande partie par la connectivité de notre cerveau. En effet, l'évolution a fait en sorte que les connexions qui partent des systèmes émotionnels et qui vont vers le cortex (le contrôle conscient) sont beaucoup plus nombreuses que celle qui vont dans l'autre sens.
En d'autres termes, le fort trafic qui roule sur l'autoroute allant du système limbique au cortex masque sous son vacarme le bruit de la petite route qui mène du cortex au système limbique…
 

On comprends beaucoup mieux comment les accidents peuvent survenir avec un cheval qui jusque là n'avait pas botté son cavalier et qui soudainement le tue d'un coup de sabot à la tête. Le cheval , surpris a une réaction et utilise le circuit court de la peur. Le cheval n'anticipe pas, il vit ici et maintenant.

LA MEMOIRE DU CHEVAL N'EST PAS LA MEMOIRE DE L'HOMME.